En Afrique subsaharienne, l’exercice des compétences souveraines de l’Etat et son encadrement du territoire national sont sérieusement malmenés par la montée des flux transnationaux. La mondialisation des échanges et la tutelle des Clubs de Londres, de Paris ou des institutions de Bretton Woods sapent les prérogatives régaliennes plus insidieusement que ne le firent jamais les politiques d’influence des grands et supergrands à l’époque de la guerre froide. Cette dynamique de l’extraversion est porteuse d’incertitudes auxquelles l’historicité faiblement enracinée propre à l’Etat postcolonial confère un impact accru : le relâchement des contraintes de l’ordre mondial bipolaire stimule une montée de revendications identitaires, ethno-régionales ou religieuses qui contestent l’autoritarisme des régimes en place mais aussi les catégories de référence inhérentes au concept d’Etat-nation.

Índice

1. Erosion du contrôle territorial et radicalisation des revendications identitaires
2. L’enlisement des schémas d’intégration régionale interétatique
3. Continentalisation des échanges et déterritorialisation de l’Etat : la montée du régionalisme transétatique
4. La valorisation de l’Afrique en tant qu’espace frontière

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